L' histoire de notre petit village pourrait ressembler à tout autre bourg agricole du nord-est de la France, mais il n'en est rien. Contrairement à beaucoup d' autres, Bergères bénéficie de plusieurs atouts économiques et touristiques. Situé au sud de la vallée de la Marne il fait partie de la zone de la Côte des Blancs l'un des fleurons du vignoble de champagne. Il possède une charmante petite église et côtoie depuis plusieurs siècles le site mystérieux du Mont - Aimé.
Champagne - Terroir :
Il est difficile de parler ici de terroir bergeronnet car les assemblages effectués dans l'élaboration du champagne gênent souvent toute attache à un terroir particulier. La commune ne connait pas de «maison de champagne de marque», mais au contraire une multitude de vignerons désireux d'exprimer par leur savoir la qualité et personnalité propres à la vigne de notre village. 103 exploitants déclarés continuent chaque année d' élaborer un vin de qualité digne de la côte des Blancs !
Mont Aimé :
Site historique et mythique pour les uns, lieu de légendes pour les autres, le mont aimé ne cesse d'alimenter les chroniques et divise encore à ce jour tous les chercheurs et historiens qui se penchent sur son passé. Connu dès le né́olithique ; ce mont isolé de 240 m d'altitude n' a cessé d'attirer l' homme par sa situation stratégique. Les nombreuses découvertes mentionnées au cours des siècles font état de présence celtes, gauloises, romaines et autres carolingiensEn 1210 ce lieu connait son «heure de gloire» par la construction du château de Blanche de Navarre, suivie hélas d'heures plus douloureuses comme le massacre de 183 hérétiques, cathares selon certains historiens en 1239.
En 1427, devenu repaire de brigands et théâtre de batailles épouvantables, le château est détruit. Le site s'endort, oublié pour renaitre en 1798 par la construction d'un relais télégraphe Chappe. En 1815, le mont vit à nouveau des instants particuliers et ce par un défilé des troupes de la Ste-Alliance (300 000 selon les données historiques) organisé par le tsar Alexandre 1er.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce site était encore
au début du XXème siècle : Sophie Lucas, solitaire, vivait dans les bois du mont, et avait élu domicile dans une grotte située versant sud. Elle est décédée en 1908.
En 1914 cette butte témoin, se trouve au centre du dispositif de la bataille des marais de Saint-Gond et depuis cette époque elle n'a fait l'objet d'aucune attention particulière si ce n'est les fouilles organisées par l'abbé Mathieu au cours des années 80.
Aujourd'hui, l'association communale Les Amis du Mont-Aimé́ se charge de l'entretien des lieux. Il ne reste de ce lieu mystérieux que de vagues murs, entrées de galeries et une tour, de vieilles légendes alimentées par notre imaginaire et par les récits de nos grands-mères racontés à la veillée.
Eglise de Saint-Memmie :
Cette église est dédiée à St-Memmie, premier évèque de Chalons en Champagne. Cette église a été construite sur une source et date de la fin du 12éme siècle. La nef est de style gothique (arcades en arc brisé). Endommagée au cours de la guerre de 100 ans (1337-1453), elle a été souvent modifiée. Chapiteaux, choeur, chapelle datent de l'époque flamboyante. Les Fonts baptismaux sont en cuivre martelé du 15éme. Maître-autel à retable du 17éme. Le clocher date en partie de 1673. Trois cloches y sont installées, elles portent les noms de Louise, Martine et Alexandrine. Aujourd'hui cette église fait l'objet de divers travaux et peut se visiter sur demande.